LMNP au réel : seuil, amortissements, CGA, tout savoir en 2026
Quand basculer du micro-BIC au réel ? Comment amortir un studio ? La réforme 2025 qui change la donne à la revente. Et faut-il encore adhérer à un CGA ? Réponses chiffrées.
À retenir
- Micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers (location classique meublée), simple mais souvent désavantageux dès qu'on a des charges.
- Régime réel : déduction des charges réelles + amortissement du bien. Souvent imposable à 0 € pendant 10-15 ans.
- Réforme 2025 : à la revente, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Fini le double avantage. Changement majeur.
- Seuils 2026 : 77 700 € pour la location meublée classique, 15 000 € pour le meublé tourisme non classé (durci en 2025), 188 700 € pour le meublé tourisme classé.
- CGA : plus d'obligation depuis 2023, mais utile pour la télétransmission TVA si vous facturez.
Vous louez un studio meublé ? Une résidence étudiante ? Un Airbnb en montagne ? Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) est probablement le mieux adapté. Mais entre micro-BIC et réel, beaucoup d'investisseurs choisissent au pif et passent à côté de plusieurs milliers d'euros par an. Voici comment faire le bon choix en 2026.
Micro-BIC : la simplicité, le coût caché
Le micro-BIC est le régime par défaut. Vous déclarez vos loyers en case 5ND ou 5KO de la 2042-C-PRO, l'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire, et vous êtes imposé sur le reste.
Micro-BIC : location meublée classique
Article 50-0 du Code général des impôts
- Plafond
- 77 700 € de recettes annuelles, abattement forfaitaire de 50 %
- Pour qui
- Tous les loueurs de meublé sous le seuil
Exemple : vous touchez 18 000 € de loyers annuels d'un studio meublé. Au micro-BIC :
- Abattement de 50 % : 9 000 €
- Imposable : 9 000 €
- Si vous êtes à 30 % de TMI : impôt = 2 700 € + 17,2 % de prélèvements sociaux = 4 248 €.
Simple, mais déjà coûteux. Et l'abattement de 50 % ne couvre pas vos vraies charges la plupart du temps.
Le piège du meublé de tourisme non classé
Depuis la loi de finances 2025, le seuil micro-BIC pour le meublé de tourisme non classé (Airbnb, location courte durée non labellisée) a été drastiquement abaissé à 15 000 € avec un abattement réduit à 30 %.
Micro-BIC durci : meublé tourisme non classé
Article 24 de la loi de finances 2025
- Plafond
- 15 000 € de recettes, abattement 30 %
- Pour qui
- Loueurs Airbnb ou résidences de tourisme non labellisées
Concrètement, si vous louez via Airbnb sans avoir fait classer votre logement par la commune, vous tombez sur ce régime peu avantageux dès 15 000 € de loyers. Le passage au réel devient quasi obligatoire au-dessus.
Le meublé de tourisme classé : seuil élargi
À l'inverse, le meublé de tourisme classé (label « Meublé de tourisme » obtenu via la mairie ou un organisme agréé) garde un seuil avantageux :
Micro-BIC : meublé tourisme classé
Article 50-0 du CGI
- Plafond
- 188 700 € de recettes annuelles, abattement de 71 %
- Pour qui
- Loueurs ayant fait classer leur meublé via la mairie ou un organisme agréé
Faire classer son logement coûte 130-200 € pour 5 ans, mais permet de garder ce régime ultra-avantageux. Très souvent rentable pour les Airbnb intensifs.
Le régime réel : le tueur d'impôt
Le régime réel vous permet de déduire toutes vos charges réelles + l'amortissement du bien et des meubles. Résultat fréquent : un revenu fiscal proche de zéro pendant 10 à 15 ans, même avec des loyers conséquents.
Charges déductibles
- Intérêts d'emprunt (sur la part bien meuble).
- Assurance propriétaire non occupant (PNO).
- Taxe foncière.
- Charges de copropriété (la partie non récupérable).
- Frais d'entretien et de réparation.
- Honoraires de gestion (agence, comptable, syndic).
- Cotisations professionnelles.
- Frais de notaire liés à l'achat (amortissables).
L'amortissement : le cœur du dispositif
C'est ce qui fait du régime réel le grand favori des investisseurs. Vous décomposez votre bien en plusieurs composants et vous étalez leur valeur sur leur durée de vie comptable :
| Composant | Part du bien | Durée |
|---|---|---|
| Terrain | 10-20 % | Non amortissable |
| Gros œuvre (structure) | 40-50 % | 50 ans |
| Toiture | 8-10 % | 25 ans |
| Façade et étanchéité | 5-10 % | 25 ans |
| Aménagements intérieurs | 15-25 % | 10-15 ans |
| Mobilier | 5-10 % du total | 7-10 ans |
Exemple chiffré : appartement de 200 000 € (dont 20 % de terrain = 40 000 € non amortissable). Vous amortissez donc 160 000 € selon les composants. Cela génère environ 5 500 € à 7 000 € d'amortissement par an pendant les 10 premières années. Sur des loyers annuels de 12 000 €, ça vous emmène souvent à un revenu imposable de zéro.
Amortissement LMNP au réel
Article 39 C du CGI, BOFiP BIC-AMT
- Plafond
- Pas de plafond annuel, durée selon composant (7 à 50 ans)
- Pour qui
- Tous les LMNP au régime réel
La règle des amortissements bloqués
Important : l'amortissement ne peut pas créer un déficit. Si vos charges + amortissement dépassent vos loyers, la part « amortissement » est mise de côté (« réputé différé en franchise d'impôt ») et reportable sur les revenus locatifs futurs sans limite de temps. Pas perdu, juste reporté.
La réforme 2025 : le coup dur à la revente
Jusqu'en 2024, les amortissements pratiqués sous le régime LMNP réel n'étaient pas réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. C'était l'avantage en or du LMNP : vous économisez l'impôt foncier pendant 15 ans, et à la revente, vous payiez la plus-value sur le prix d'achat brut.
Depuis la loi de finances 2025, c'est terminé :
Réintégration amortissements à la revente
Article 24 de la loi de finances 2025
- Plafond
- Amortissements pratiqués depuis le 1er janvier 2025 : réintégrés dans le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value
- Pour qui
- LMNP réel cédant un bien acquis ou ayant pratiqué des amortissements après 2024
Concrètement : si vous avez amorti 50 000 € sur 10 ans avant de revendre, le fisc considère que votre prix d'acquisition « corrigé » est de 200 000 € - 50 000 € = 150 000 € pour le calcul de la plus-value. Si vous revendez à 250 000 €, votre plus-value taxable passe de 50 000 € à 100 000 €.
C'est un changement majeur qui réduit (sans annuler) l'attrait du LMNP réel. Le régime reste fiscalement intéressant pendant la phase de location, mais l'avantage n'est plus « gratuit » à la sortie. À intégrer dans vos calculs.
Le CGA : encore utile en 2026 ?
Avant 2023, ne pas adhérer à un Centre de Gestion Agréé (CGA) entraînait une majoration de 25 % sur le revenu imposable. C'était la raison principale d'adhérer (~ 130-200 €/an pour économiser bien plus).
Depuis le 1er janvier 2023, cette majoration a été supprimée. Plus aucune obligation d'adhérer à un CGA pour les LMNP au réel.
Cela dit, le CGA reste utile dans certains cas :
- Si vous facturez avec TVA (locations meublées avec services type para-hôtelier), le CGA gère la télétransmission.
- Si vous voulez bénéficier de l'aide à la tenue de comptabilité (les CGA fournissent un comptable simplifié).
- Si vous avez besoin de l'attestation pour rassurer votre banque ou un investisseur potentiel.
Verdict 2026 : adhésion optionnelle, plus rentable que par le passé. La majorité des LMNP au réel s'en passent désormais.
Quand choisir le réel vs le micro ?
La règle simple : si vos charges réelles + amortissement dépassent 50 % des loyers (location meublée classique), passez au réel.
En pratique, c'est presque toujours le cas dès que :
- Vous remboursez encore un crédit (les intérêts seuls peuvent peser 3-5 % des loyers).
- Le bien a plus de 30 ans (charges de copro et entretien importants).
- Vous payez de la taxe foncière (presque tout le monde).
- Vous avez investi dans du neuf ou rénové (amortissement massif).
Cas où le micro reste pertinent :
- Vous achetez cash (pas d'intérêts d'emprunt).
- Petites recettes (< 5 000 €/an).
- Vous ne voulez surtout pas tenir une comptabilité.
Comment basculer au réel
Le basculement se fait via une option auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) avant le 1er février de l'année concernée. C'est valable pour un an, renouvelable tacitement.
Vous devrez aussi :
- Demander un numéro SIRET auprès du greffe du tribunal de commerce (gratuit, formulaire P0i).
- Tenir une comptabilité commerciale (livre journal, grand livre, bilan, compte de résultat).
- Déposer une déclaration 2031 + ses annexes (2033 A à G) avant le 2 mai de chaque année.
- Reporter le résultat sur votre 2042-C-PRO.
C'est plus lourd que le micro-BIC, mais ça vaut presque toujours le coup. Un comptable spécialisé LMNP facture 350-500 € par an, largement compensés par les économies d'impôt.
Calendrier des déclarations LMNP
Attention : votre déclaration 2031 (BIC réel) doit être déposée avant le 2 mai 2026, soit avant votre déclaration de revenus 2042 (qui suit le calendrier par zone, comme expliqué dans notre calendrier complet par département).
L'ordre :
- Avant le 2 mai 2026 : dépôt de la 2031 + 2033 A-G via votre comptable.
- 22 mai, 28 mai ou 5 juin 2026 : dépôt de la 2042 + 2042-C-PRO avec le résultat reporté.
Votre 2042, on s'en occupe pour vous
BaguetteFiscale ne gère pas (encore) la comptabilité LMNP au réel (qui demande une vraie tenue annuelle), mais on s'occupe de reporter votre résultat 2031 dans votre 2042-C-PRO automatiquement, ainsi que toutes les annexes liées (revenus fonciers classiques, 3916 si comptes étrangers, etc.). Pour la 2031 elle-même, un comptable spécialisé reste recommandé.
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Sources : BOFiP BIC-CHAMP-40-10, article 24 LF 2025, BOFiP BIC-AMT amortissements, service-public.fr fiche LMNP. Valeurs en vigueur en mai 2026.
Questions fréquentes
Probablement pas. Sous 10 000 € de loyers, le micro-BIC (abattement 50 %) couvre généralement vos charges réelles et la complexité comptable du réel n'en vaut pas la peine. Au-dessus de 12 000 € avec un crédit en cours, le réel devient quasiment toujours plus avantageux.
Oui, vous pouvez dénoncer votre option pour le réel à la fin de chaque période (renouvelée tacitement par an). Il faut prévenir votre SIE avant le 1er février de l'année concernée. Mais le retour au micro perd l'historique des amortissements en report.
Sur un appartement de 200 000 € amorti, vous générez environ 5 500 € à 7 000 € d'amortissement par an pendant 10-15 ans. Si vous êtes à TMI 30 %, c'est environ 1 650 € à 2 100 € d'impôt économisé par an, sans compter les 17,2 % de prélèvements sociaux également évités.
Non, ça réduit l'avantage mais ne l'annule pas. Le LMNP réel reste fiscalement intéressant pendant la phase de location. À la revente, vous perdez l'avantage de la non-réintégration des amortissements, donc la plus-value imposable est plus élevée qu'avant 2025. À intégrer dans votre calcul de rentabilité globale sur 15-20 ans.
Non, ce n'est plus obligatoire depuis 2023 (suppression de la majoration de 25 % pour non-adhérents). Le CGA reste utile si vous facturez avec TVA ou si vous voulez l'assistance d'un comptable simplifié, mais l'adhésion est désormais 100 % optionnelle.
Un label délivré par votre mairie ou un organisme agréé (Atout France, Gîtes de France, etc.) qui atteste de la qualité de votre logement. Coût 130-200 € pour 5 ans. Avantage majeur : seuil micro-BIC à 188 700 € (au lieu de 15 000 € pour le non-classé) et abattement de 71 % (au lieu de 30 %). Rentable dès qu'on dépasse quelques milliers d'euros de loyers.
Votre 2042, on s'en occupe pour vous.
BaguetteFiscale remplit votre déclaration automatiquement à partir de vos documents. 15 minutes au lieu d'un week-end. Hébergée en France, chiffrée, sans paperasse.
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